26 mai 2008
voir Benares avant de mouru, euh de rentru
Le voyage Bodh Gaya – Varanasi.
130 km, 6h de train seulement !!

Comme d'habitude, ya toujours à dire sur les voyages en train mais alors là celui-là c'était kèke chose! On est en pleines vacances d'été et le train se rempli un peu plus à chaque arrêt.

Deux hommes arrivent avec les mêmes numéros de sièges que les nôtres. Oouai ! Super! On se pousse… de toutes façons, tout le monde finit par se pousser de partout (on est au moins 15 pour 8 places) tout le monde se pousse sauf une famille qui a décidé que sa place, c'était sa place. Les autres indiens ne réagissent pas, même quand un petit gars se fait chasser à coup de canne par l'un des vieux de la famille car même la place de son sac, c'est sa place!! N'y tenant plus, on décide de faire notre show en ridiculisant ce pauvre vieux et en chantant à tue tête « Don’t worry, be happy » sous les regards hilares….puis, plan B: blocage du couloir avec nos gros sacs à dos car évidemment, ils voulaient passer devant…et on chante toujours "ouh, ouhouhouh ouhouhouh…don't worry, be happy".
On ne lâchera rien !
Et tout le wagon se marre car même passifs, les autres indiens, par leurs regards complices et leurs sourires nous montrent qu'ils sont bien contents du spectacle.
Nous arrivons à la nuit.

Un peu fatigué, nous prenons le premier auto-rickshaw qui se propose.
Encore un qui nous lasse en insistant pour nous accompagner à notre hôtel pour s'y prendre un bakchich, alors qu'on sait très bien où l'on va, c'est le même hôtel que l'année dernière : La puja guest house!
On ne sait pas trop s’il l’aura, ce backchich mais de toutes façons, on ne l'aime pas trop cette chambre, on va chercher autre chose demain.
Le matin Fernand sort vers 5h 30 pour voir le lever du soleil d’un gath.

Il se cherche un petit coin tranquille…

enfin, tranquillité toute relative puisque à cette heure, où il fait encore un peu frais (un frais tout aussi relatif) c'est le rendez-vous des indiens pour le bain dans le Gange.........


.............et des bateaux, chargés de touristes regardant cette salle de bains indienne en plein air et le soleil se lever sur la ville.
Comme l’année dernière, c’est la ronde des bateaux, c'est l'éternelle rengaine des "Hello, boat? Hello, boat?"……


….. malgré les odeurs et les immondices, cette ville est somptueuse et très photogénique.

..



On croirait remonter le temps. Visite au Moyen âge.
Ce labyrinthe de ruelles étroites ; des détritus partout, comme toujours les piétons, les vaches, les chiens, les vélos.



Les voitures ne passent pas, par contre les motos en klaxonnant sans arrêt se faufilent sans trop de difficultés..
C’est très étonnant de voir qu’il n’y a quasiment jamais d’accrochages……….
Une foule énorme et pas de stress !

Au hasard d'une ruelle, nous retrouvons le vendeur de collier de l’an passé, on lui avait envoyé des photos qu'on avait prises de sa famille.

Il nous invite à venir manger chez lui.
C'est une expérience particulière…on se retrouve là, dans cette pièce en terre battue de 6m2 pour toute la famille, ils nous regardent manger ( "on ne pourrait pas manger tous ensemble" nous disent-ils). Comme on n'a pas trouvé de bouteille de vin, ni de bouquet de fleurs, on a amené une pastèque!
Il paraît qu'on est bien tombé, c'est : fruits ou pâtisseries. (officiellement pas d'alcool en Inde)

Discussion avec le père (le seul qui parle anglais), un peu de cricket à la télé et photos et films de tout ce petit monde, qui se regarde à la caméra sans doute pour la première fois.
On cherche donc une nouvelle chambre.
On croise un routard allemand, il est photographe et vient du Népal en moto et compte aller au Pakistan.
Il nous conseille son hôtel. La chambre est moitié prix de l’autre et nettement plus propre.

Changement de quartier, plus sympa, le coin des instruments de musique et des écoles de tablas, de chant, de cithare, de différents yogas….et du Mona Lisa restaurant, le QG des routards ( Le jus de mangue, une tuerie!) Faudrait rester plus longtemps pour connaître un peu tout ça…….
la cordelette est le signe des brahmans


the big Puja
Notre ami allemand reprendra la route 3 jours avant nous.

Malgré les grosses chaleur qui, rappelons le, exacerbent la foultitude d'odeurs si caractéristiques de Bénares, nous arpenterons plusieurs km de gaths au rythme des litres d'eau minérale absorbés ("pani ! "= eau mais surtout: "Thanda!"= fraîche)
"oh, l'autre comment, elle se la pète avec son hindi!!
Mera nam Séverine hay
"Bon, bah, ça va, on a compris, ok tu parles hindi!!"
Enfin, bref, 4 jours à Bénarès…ça aurait pu être un peu plus long!
Retour à Delhi.
Aujourd'hui, on joue les bourgeois, on a choisi un moyen de locomotion plus rapide : l’avion
¾ d’heure pour aller à Delhi !!
On s'est trouvé un nouvel hôtel, tranquille, pas cher et presque propre!
Chambre au 3ème (ascenseur ou plutôt monte-charge) avec terrasse
surplombant le cimetière (plutôt rare par ici!). On va bien dormir.
Nous restons 3 jours à Dehli.

Méditation à la mission Ramakrishna,
derniers achats pour le marché,
on va recroiser Phil le photographe allemand qui est toujours en moto,
Un français rencontré à Rishikesh qui tente d'avoir un visa pour le Pakistan........
Une visite du quartier des réfugiés tibétains avec une française rencontrée dans un restau…….

bon, il va falloir y aller !

On emprunte une balance pour peser nos sacs.
Séverine: sac à dos: 20kg
bagage à main: 8kg
Fernand: sac à dos: 21kg
bagage à main: 11kg
Maintes bidouilles pour faire passer tous ces kilos et "croisage" des doigts jusqu'à l'embarquement.
Embarquement fastidieux, panne d'ordinateurs: ils doivent tout faire manuellement.
2h30 de retard.
Nous ratons la connexion à Londres.
La compagnie Virgin Atlantic nous paye une chambre au Novotel après nous avoir fait balader de guichet en guichet pendant 2h.
L'avion part à 6h30 demain. Super, 4h de sommeil! (un français croisé dans l'avion revient d'un voyage de 4 mois…c'est anecdotique quand même mais ces 4h de Novotel coûtent plus cher que ses 4 mois d'hôtels indiens -80Rps en moyenne. La chambre au Novotel coûte 170€ =10540 Rps )

6h re-attente d'1h et demi dans l’avion, et enfin retour à la capitale.
Quel calme, quelle propreté Paris !! Manque un peu de Saddhous!
3 semaines c’est vraiment trop court.
Faudra repartir !
Merci à tous ceux qui étaient un peu avec nous dans les sacs à dos et à bientôt.
Namaste
PS:
C'est vrai que l'Inde est une destination particulière, ce ne sont pas des vacances (il y a peu de tours opétaror en Inde), ça n'est pas toujours reposant mais ce déphasage permanent est obligatoirement enrichissant.
Tous les récits qu'on a pu faire, sont des anecdotes, des mots…c'est plus difficile d'expliquer les sensations, les émotions…comme dirait une française croisée: "L'Inde, ça ne s'explique pas!"
On peut essayer de raconter mais c'est …autre chose.



la bouse séchée sert de combustible


La ville de Vârânasî est surtout célèbre pour ses ghâts, berges recouvertes de marches de pierres qui permettent aux dévots hindous de descendre au fleuve pour y pratiquer ablutions et pûjâs. Le bain dans le Gange est censé laver de tous les péchés et permettre ainsi de se libérer du cycle des renaissances. C'est aussi sur des ghâts spécialisés, le plus fameux étant Manikarnika, que l'on pratique les crémations à Vârânasî.
Bien que la tradition la fasse remonter à 2000 ans avant notre ère, la ville de Vârânasî a été probablement fondée au VIIe siècle av. J.-C. Et a subi de nombreuses destructions.
Malgré l'aspect antique de ceux-ci, peu de bâtiments hindous datent de plus de deux siècles.
P.S.



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.............et...................
25 mai 2008
petites réflexions post-voyage
..............petites réflexions post-voyage......
........d'accord ça manque un peu d'images !!!................
(fernand) :
Lorsque je relis les textes du blog, je pense aux réactions des lecteurs : « Pourquoi retourner en Inde, alors que le plus flagrant est si dur ? » La crasse, la pauvreté, la foule, la poussière, la longueur des voyages en train, la religion omniprésente et superstitieuse ……………..
L’Inde m’apparaît confirmer la réalité de la vie, puissance 10 .
On rentre avec la possibilté de relativiser un peu plus tout ce qui nous semble important.
Nous vivons dans un monde d’ignorance, la tête sous l’eau. Tout ce qui se trouve au-delà est mis en doute. C’est une habitude humaine. Nous n’avons conscience que de la partie immergée de l’iceberg ; pensant que c’est la seule réalité et incapables d’imaginer nous même qu’il en existe une autre, hors de l’eau, beaucoup plus petite, mais aussi vraie. L’un n’existe pas sans l’autre et vis de versa.
Trois semaines, c'est un peu court, nous avons choisi 4 endroits :
Delhi, Rishikesh, BodhGaya, Varanasi (Bénares). Pour Rishikesh et Varanasi, il faudra essayer de revenir et rester 15 jours minimum par endroit.
En voyage ma principale motivation est ce qu'il se passe par rapport au "travail" spirituel. Le même phénomène d'incomprehensions, de ressentis nouveaux, amène à reconsidérer et relativiser ce qui nous semblait acquis.
- Delhi. Nous logeons dans le quartier soi-disant mal famé de Pahar gang, une petite ruelle donnant sur Main Bazar. La journée, c’est un bordel indescriptible assez commun en Inde ; bruit, foule, mendiants sals et estropiés, boutiques, harcèlement permanent ……… Comme toujours, pour trouver ce que je cherche, la spiritualité, c’est à moi de faire l’effort. C’est la deuxième année que nous venons et je n’ai découvert il y a trois semaine, qu’au moment de partir pour Rishikesh, un endroit inattendu dans ce quartier, la perle au milieu de la bouse et des détritus : La mission Ramakrishna.


Ce lieu ne figure pas sur Lonely Planète, mais il n’est pas caché, juste à coté du métro. Quand j’ai posé la question, les indiens de Main Bazar la connaissent, mais à priori s’en foutent, tout comme les occidentaux post-baba qui préfèrent passer leur temps aux terrasses des restau en attendant de repartir, souvent pour plusieurs mois.
Un endroit calme, propre, propice à l’étude et la méditation.
J’irais chaque matin à 6 heures.; Une grande salle est prévue à cet effet :
Moquette rouge, au fond la statue de Ramakrishna (1) entouré des photos de Vivekananda (3) et Sâradâ Devî (2) .

Ramakrishna Vivekananda Sâradâ Devî
On entre après avoir enlevé ses chaussures, on s’assied où on veut, de préférence à droite pour les hommes et on médite le temps qu’on veut. Chaque instant passé dans cet endroit intense peut justifier, pour moi, la venue en Inde. Cet endroit et d’autres expériences pendant ces trois semaines confirment ce qui m’apparaît être une évidence :
Il y a d’une part la religion avec en Inde (mais c’est la même chose sous d’autres formes dans toutes) sa cohorte de Dieux, de superstitions, d’œillères pour pouvoir supporter la dureté de la vie phénoménale, qui n’est pas inéluctable mais, sauf pour les catastrophes naturelles, la responsabilité d’une minorité d’exploiteurs. Ces derniers s’en sortent d’ailleurs souvent mieux devant les catastrophes naturelles. Et d’autre part la spiritualité avec ses moments d’exaltation intenses, indescriptible et le travail que cela nécessite. Sans aucune envie de prosélytisme, je suis de plus en plus convaincu que sans cela, il est difficile de trouver un sens à la vie !!
Les méditations dans ce lieu, chargé des pensées universelles des 3 Maîtres étaient sur le plan de l'intellect . ça ne veut pas dire cogitation, mais la concentration est plus sur l'enseignement que la présence du Maître.
On pourrait dire que c'est du Jani yoga (yoga enseigné par Vivekananda).
BodhGaya.
C’est là, sous l’arbre Boddhi que Gautama est devenu Bouddha (il a atteint l’illumination).
Qu'y avons-nous trouvé ?
C’est décrit dans le blog.
Comme toujours le plus apparent est la partie immergée de l’iceberg.
Toutes les confession bouddhistes y ont construit leur temple, mais contrairement à la normalité on ne peut s’asseoir et y méditer. Le Bouddha est la comme dans tous les temples, mais on ne fait que passer devant, comme dans un musée, transformant le message même du bouddhisme en religion stérile, si ce n’est en image morte. ……… et il y a cet arbre.
La journée, la plupart des gens passent devant, font une rapide prière, prennent une photo s’ils ont payé pour avoir le droit, et s’en vont retrouver la ville et son bordel indien. Il faut quand même faire une différence entre ce qu’il se passe là ou sont concentrés les touristes, les pèlerins et le reste de la ville où l’on retrouve l’authenticité des indiens. Même si la crasse est omniprésente, les regards sont généreux et les contacts chaleureux.
Donc l’Arbre, Bouddha : La journée, la chaleur est quasi insupportable. Impossible de marcher pieds nus sur les dalles de marbre, mais le matin, à 5h 30 au levé du soleil tout est calme. Il ne fait pas trop chaud. On peut s’asseoir face à cette place ou le Bouddha méditait. La nuée de moustiques nous laisse tranquille et le silence intérieur peut nous montrer une fois de plus la densité de l’illusion du phénoménal, l’immensité de notre ignorance, mais surtout, nous remplir de ce vide intense, seule réalité de la vie (c’est Bouddha himself qui me l’a dit !!!). Pour ma part, la concentration a été sur le Maître. Le fait qu'il ait été physiquement assis à 5 m d'ou j'étais, il y a 2500 ans passés, me guidait dans le sens concret, quasi physique. concentration sur le microcosme (quelques atomes inhalés par Bouddha sont encore présents !!), sa corélation avec l'infini de l'univers....
On pourrait dire que c'est du karma yoga ou du tantra yoga.
Bénares – Varanasi : Si l’Inde est la réalité de la vie puissance 10, Varanasi est la réalité de l’Inde puissance 100 !!
Sur les gaths, le harcèlement est permanent. On prie partout, on pisse partout, on se baigne dans le Gange au milieu des détritus, les brahmanes et leur cordelette, les touristes prennent des photos, les mères exhibent leurs petits derniers sales et morveux, tentant de nous culpabiliser pour quelques roupies et ………….. On croise le regard souriant d’un saddhou ou d’un vélo-rickshaw et, ……… à 5h 3o du matin (il n’y a pas que l’avenir qui appartient à ceux qui se lèvent tôt, le présent aussi !!) on se trouve une petite place sur un gath au milieu de cette vie qui s’éveille pour, malgré le bruit et l’odeur d’urine assister à un levé de soleil majestueux. Varanasi est magnifique : « holly place ».
C’est à la fois le diamant et l’écrin, qu’importent la crasse et la puanteur. Notre mental d’occidental ne peut comprendre comment on peut vénérer et souiller en même temps. Encore moins comment on peut boire quotidiennement cette eau multi-poluée.
C’est cette incompréhension totale, si on oublie nos préjugés culturels, qui renferme tant de force spirituelle .
à Varanasi on apprend à se concentrer dans le bruits, les odeurs, la foule. On apprend à se détacher tout en étant conscient de la vie autour et cette ville "sacrée" fait qu'on est un peu dans le Bakti yoga, le yoga de l'adoration. et bien sûr le Surya yoga (surya veut dire soleil).........
Rishikesh :
le fait d'avoir été dans un ashram laisse un souvenir d'école, de travail concret et guidé.
cours de méditation, cours de hatha yoga, mantra....

la salle de yoga, méditation ...
le calme de rishikeh, les saddhous, le Gange.........tout respire la spiritualité.
tout ça trés tranquillement !! comme pour Varanasi, il faudrait rester 15 jours pour moins survoler.
On pourrait dire que beaucoup de yoga s retrouvent à Rishikesh.Hatha yoga, Raja yoga, karma yoga, Surya yoga, Jnani yoga, Tantra yoga, etc.....
avec Sant Shree Hari, le "prof" de méditation..........
Om
...
Tiré de wikipedia :
les différents yogas : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Yoga
1) Râmakrishna Paramahamsa, http://www.ramakrishna.org 
Ramakrishna
de son vrai nom Gadâdhar Chattopâdhyâya , 18 février 1836 - Calcutta, 16 août 1886) est un mystique bengalî hindouiste. Dévot de Kâlî et enseignant de l'Advaita Vedanta, il professait que « toutes les religions recherchent le même but » et plaçait la spiritualité au-dessus de tout ritualisme.
Biographie :
Dans sa jeunesse, Râmakrishna, né Gadadhar Chattopadhyay (1836-1886) adhéra à la religion de sa famille. À 9 ans, deux ans après la mort de son père, il reçut le cordon sacré des brahmanes (ou brahmines) lors de l’initiation "upanayana". Il accepta sa première obole (qui dans la tradition ne peut être reçue que d'un brahmane) de la main d'une femme de basse caste afin de rempir la promesse qu'il lui avait faite, s'érigeant dès lors contre les règles et préjugés de sa propre caste, tout en démontrant, avec son esprit original son inébranlable refus de suivre une autre voie que celle de son cœur. À 19 ans, lorsqu'il devint prêtre de Kâlî du temple de Dakshineswar, il déclara alors en avoir reçu une vision. Cette expérience fut sans doute pour lui la plus importante car il voyait en Kâlî la Mère de l'univers et la Mère de toutes les religions. Il revint ensuite à son village d'origine et s'engagea dans une mariage spirituel avec Sara Devi, âgée de 5 ans seulement. L'enfant retourne chez ses parents et ne reviendra à ses côtés qu'à l'âge de 18 ans.
Avec l'arrivée de la nonne Bhayravi Brahmani, il pratiqua le tantra. Il adora ensuite Dieu selon la Ragatmika bhakti et les Panchabhavas, approches vishnouites prônant cinq relations d'amour envers Dieu. Quand Râmakrishna rencontra Tota Pouri, un moine errant, il fit table rase de toutes les conceptions de Dieu qu'il avait épousées jusqu'alors, pour se plonger dans la méditation sur "l'Absolu Qui n'a ni nom ni forme", selon l'enseignement des Vedas développé par les Upanishads ; méditation qui selon ses propres dires était un réel défi. Il fut quelque temps proche de la foi islamique, à laquelle il fut initié par Govinda Roy, un hindou qui pratiquait le Soufisme. Il prétend également avoir eut une vision de Jésus. (Comme dans les autres cas, sa pratique a culminé dans une expérience mystique d'Union absolue.) Râmakrishna s'est immergé dans toutes les grandes traditions mystiques et a déclaré avoir atteint l'Absolu à travers chacune d'entre elles, indiquant ainsi que pour lui, toutes les voies mènent à la même Réalité, une et indicible. Malgré l'apparence hétéroclite du chemin spirituel de Râmakrishna, il semble que le courant profond qui l'a mené soit toujours resté le même: à travers toutes les traditions qu'il a expérimenté, il continue d'affirmer que toutes les formes de la Création (dieux et prophètes inclus) font partie de l'Un.
La rencontre avec Vivekananda : En 1880, il reçoit une première visite d'un jeune homme d'environ 18 ans, cultivé et intelligent qui deviendra Swami Vivekananda. Ce dernier lui aurait demandé : "Monsieur avez-vous vu Dieu ?" à quoi Ramakrishna aurait répondu par l'affirmative. Vivekananda n'aurait cependant pas été convaincu, plusieurs visites se succèdèrent, jusqu'à ce qu'il se décida à s'engager dans la voie du renoncement (sannayasin). Quelque temps avant de mourir, Ramakrishna rencontra longuement Vivekananda et lui dit : "je t'ai tout donné […] par ce pouvoir tu feras un bien immense au monde". Ramakrishna déclarait : "le déséquilibre et la souffrance du monde viennent de ce que l’être humain ne cherche pas à vivre en Dieu". Il définissait ainsi l'obstacle à cette "vie en dieu" : "Il nous attire constamment comme un aimant attire le fer. Mais le fer n’est pas attiré s’il est couvert de saleté. Quand on a ôté la saleté, le fer se plaque aussitôt contre l’aimant."
Dans sa synthèse des religions, il inclut le christianisme. Il a encouragé la création d'un ordre monastique, lequel ne s'est réalisé véritablement que le 25 décembre 1887, sous la direction de Vivekananda à Belür prés de Calcutta.
Ramakrishna n'a rien écrit lui-même, mais ses disciples ont rassemblé ses enseignements dans un ouvrage intitulé "Gospel of Ramakrishna". On trouve en particulier ces deux passages: "J'ai pratiqué toutes les religions, du christianisme à l'islam et j'ai suivi chacune des voies propres aux diverses sectes de l'hindouisme. Et il m'est apparu que par des voies différentes toutes cheminent à la rencontre du même Dieu. […] Personne ne réalise que celui qu'on appelle Krishna est aussi appelé Shiva ou bien l'Energie divine (Shakti), Jésus ou Allah, ou encore Rama avec ses mille noms." "Dieu est installé sur le toit de la maison. Il s'agit de le rejoindre. Pour cela, les uns prennent une échelle, d'autres une corde ou une perche en bambou, d'autre encore empruntent l'escalier ou escaladent les murs. Que vous choisissiez telle ou telle voie est chose indifférente, à condition de ne pas les essayer en même temps mais successivement. Si vous arrivez sur le toit, vous avez trouvé Dieu et vous comprenez alors qu'il y avait plusieurs voies possibles pour le rejoindre. En aucun cas vous ne devrez penser que les autres chemins ne mènent pas à Dieu. Ce sont simplement d'autres moyens permettant de se hisser sur le toit. Permettez à chacun de suivre sa propre voie […] Chacun s'imagine que seule sa propre montre indique l'heure exacte. En réalité, il suffit d'aimer Dieu avec ardeur et de se sentir attiré vers Lui…" À propos de Dieu il a dit: "Ceux qui croient que Dieu est sans forme l'atteindront aussi bien que ceux qui croient qu'il est avec forme. Les deux seules choses nécessaires sont la foi et l'abandon de soi.". Concernant ses propres enseignements, il a dit: "N'acceptez rien parce que je vous l'ai dit. Éprouvez tout par vous-même." Vivekananda a rendu hommage à son maître en ces termes: "Si je vous ai dit un mot de vérité il vient de lui et de lui seul. Et si je vous ai dit beaucoup de choses qui ne sont pas vraies, qui ne sont pas exactes, qui ne sont pas bienfaisantes pour l'humanité, c'est de moi seul qu'elles viennent et j'en suis seul responsable."
Ils ont dit de Râmakrishna :
Romain Rolland : "Le couronnement de deux mille ans de la vie intérieure d’un peuple de trois cents millions d’habitants". (chiffre de la population de l'époque)
Sri Aurobindo dit de lui : "Ce n’est pas avant cinq siècles au moins que le monde sera prêt à recevoir un autre Râmakrishna Paramahamsa. Il faut nous hâter de transformer en expérience la masse de pensées qu’il nous a léguées et de convertir en réalisation l’énergie spirituelle qu’il a lancée. Tant que nous ne l’aurons pas fait, de quel droit demanderions-nous davantage?".
Le Mahatma Gandhi : "Sa vie nous permet de voir Dieu face à face".
2) Sâradâ Devî (1853-1920)
Sâradâ fut la première disciple du Saint de Dakshineswar (Ramakrishna). Elle naquit au Bengale le 22 décembre 1853 dans un village non loin de celui de Ramakrishna. Comme son maître et futur mari, ses parents étaient des brahmanes très pauvres. Elle fut mariée à Ramakrishna alors qu'elle n'était âgée que de 5 ans. Ils ne se revirent que 13 ans plus tard lorsqu'elle eut 18 ans. Elle rejoignit son mari à Dakshineswar pour vivre avec lui. Ce dernier lui demanda dès son arrivée :
" Es-tu venue pour m'abaisser à la vie mondaine ? "
Sans se laisser déstabiliser, elle répondit avec aplomb et fermeté :
" Non, je suis ici pour vous aider à réaliser l'Idéal que vous avez choisi "
Sri Ramakrishna l'a ensuite adorée en tant que Mère Divine, tous deux n'auraient eu aucune relation charnelle. Elle devint prêtresse du Temple de Kâlî et fut adorée par tous comme la Mère. Elle eut aussi des disciples et essaya de dissoudre leurs doutes quant à la libération de l'âme. Elle toucha leurs cœurs grâce à la Compassion et à l'Amour qu'elle dégageait. Elle-même était quasi illettrée mais elle enseigna les vérités les plus profondes par des mots simples.
Swami Nikhilananda a dit d'elle :
" Les vertus exceptionnelles de la condition féminine indienne sont le courage, la sérénité, le sang-froid, la douceur, la compassion, la sagesse, et un rapport intuitif avec Dieu. La Mère Sainte (Sâradâ Devî) a possédé toutes ces vertus".
Après la mort de Ramakrishna, elle continua son œuvre jusqu'à sa mort le 20 juillet 1920.
3) Vivekananda
Swami Vivekananda (en sanskrit viveka veut dire « discernement » et ananda « béatitude »)(1863-1902), philosophe et instructeur spirituel, a fait connaître l'hindouisme au monde occidental tout en proposant la religion unique.
Sa vie Vivekananda est né à Calcutta, en Inde, en 1863, sous le nom de Narendranath Datta, dans une famille aisée ; son père est un juriste mais aussi philosophe. Sa mère, très imprégnée de religion hindoue, le fait baigner très tôt dans la culture des textes sacrés de l'Inde. Il est très brillant élève, puis un étudiant remarquable. La question de Dieu est sa principale préoccupation. Il adhère à la « Société de Dieu » où des intellectuels discutent de l’avenir des religions et de la réforme de l’hindouisme. À 17 ans, il rencontre une première fois son guru, Râmakrishna ; au bout de plusieurs rencontres, Vivekananda se fait samnyasin (renonçant) dans l’ashram de Râmakrishna.
Râmakrishna le désigne comme son successeur quelque temps avant de mourir, lors d'une longue rencontre, au cours de laquelle tous deux auraient vécu une extase.
Après la mort de Ramakrishna, en 1886, il prend la direction de l'ashram. Le 25 décembre 1887, dans la nuit de Noël, il fonde « L'ordre de Râmakrishna » marquant par là sa parenté avec la religion chrétienne.
En 1893, avec l'aide financière d'un de ses disciples, il se rend à Chicago à l'occasion de l'exposition universelle. Sans invitation, il demande à prendre la parole au Parlement des religions et autorisé à le faire comme dernier intervenant. L'impression sur les auditeurs est importante. Dès lors, il tient des conférences et se crée de nombreux disciples aux États-Unis. Il fait ensuite un tour du monde pour diffuser l’enseignement de Râmakrishna. Son retour en Inde est triomphal. Il crée la « Râmakrishna Mission » dans divers pays. Il retourne en Occident en 1899. En 1900, il connaît quelques problèmes de santé. Il œuvre alors pour les plus démunis.
Vivekananda meurt à l'âge de trente-neuf ans le 4 juillet 1902.
Son œuvre
Faite essentiellement de conférences, causeries, entretiens, elle a été transmise par un fidèle disciple anglais qui prenait les notes en « sténo ». Elle a été diffusée au public français par le biais de Romain Rolland, qui a publié un ouvrage remarqué sur « La vie de Vivekananda et l'Évangile universel ».
L'œuvre de Vivekananda est importante compte tenu de la brièveté de sa vie. Elle est restée très fidèle à l’enseignement de Râmakrishna : syncrétisme religieux et philosophique, bhakti yoga.
Certains aspects de la pensée de Vivekananda sont perçus comme traditionnels, d'autres comme très modernes. Si Vivekananda plaçait l'advaita vedanta au sommet de la hiérarchie spirituelle, il se démarqua nettement de ce qu'il voyait comme illusionisme cosmique et quiétisme fataliste. Vivekananda voulait changer le monde et pas seulement une libération individuelle. À sa manière, il est perçu par certains comme un révolutionnaire, précurseur direct de shri Aurobindo. Tout d'abord, sa pensée est marquée par un positivisme presque scientiste. Vivekananda ne croit pas du tout que le védanta contredise la science de son temps. Pour lui, le yoga est une science de l'esprit qui complète ce que l'occident apporte sur le plan des sciences physiques. Cette science de l'esprit n'a pas pour but la fuite du monde. Elle permet, comme la physique, d'accroître le pouvoir de l'homme sur l'univers. Elle est une puissance, une force de transformation. C'est pourquoi, il n'est pas question de rejeter le karma yoga au seul profit du Jnana Yoga. La connaissance sans l'action est stérile et l'action sans la connaissance est aveugle et fruste. Quand au bhakti yoga, il reconnait que l'amour est la plus haute forme de connaissance, lorsque l'objet et le sujet de la connaissance ne font plus qu'un.
Sa conception spirituelle lui faisait rejeter toutes superstitions et soumissions à des divinités chimériques. Il s'élèvait également contre le sectarisme, le fanatisme qui enferment l'homme dans une étroite prison mentale au lieu de l'universaliser. Selon lui, les grandes religions ne sont pas destinées à disparaître. Mais, comme il y a plusieurs types spirituels, il y aurait plusieurs religions qui correspondent à chacun de ces types. Plus une religion est universelle, plus elle se particularise en fonction du besoin de chaque personne.
Sa mission principale était de faire connaître l'hindouisme à l'occident, tout en prêchant la religion unique, chère à son Maître Râmakrishna, et de proposer le progrès social à son pays.
11 mai 2008
Sur les traces de Bouddha...
On est arrive a BodhGaya le 28 Avril apres 24h30 de train.
Vivre cette experience, c'est mesurer les limites de sa tolerance.
Nos voisins allaient jusqu'a Calcuta...40h, finalement on est des petits joueurs!

Le train s'appelle Doon Express, surement une metaphore car il fonce pendant 5 mins et s'arrete pendant 1/4 d'heure.
On est 72 par wagon (theoriquement), par compartiment de 8, places numerotees.
Prenez 90 indiens (oui, car 72, c'etait bien de la theorie) dont 30 enfants, en bas age de preference (ce sont les vacances scolaires, quelle chance!) du coup, il y a beaucoup de femmes c'est deja ca. Glissez y 2 petits blancs et rajoutez y des vendeurs de tout ce qu'il est possible de boire et manger passant toutes les 30 secondes en hurlant. Melangez et faites masserer le tout a 40 degres. Apres plusieurs heures, vous obtiendrez une belle soupe populaire indienne. Ici en Inde, l'expression "Qui va a la chasse, perd sa place prend tout sa dimension. Il suffit, si tu en as le courage, d'aller aux toilettes pour ne plus retrouver ta place... mais ils sont gentils, quand tu reviens, ils se tassent un peu pour que tu puisses t'asseoir a cote d'eux.

En face de nous, une charmante famille indienne avec, exceptionnellement un seul enfant, un petit bambin de 5-6 ans qui, avec la naivete et la spontaneite naturelles de l'enfance...nous a pete le cul pendant tout le voyage: il ne parle pas, il hurle (enfin, notez que la majorite des indiens parlent tres fort, on a l'impression souvent qu'ils s'engueulent, a se demander s'ils n'ont pas des problemes auditifs), il balance tout ce qu'il trouve, il fait du cinema, des caprices...heureusement, des fois, il dort.
La passivite indienne est aussi presente dans l'education parentale.
Arrivee prevue a Gaya (a 13km de Bodhgaya) a 21h40...impatients, vers 21h35, on prepare nos bagages, notre voisin, connaissant notre destination, nous annonce tout sourire :
" Vous avez le temps, le train n'a qu'une heure de retard!"
" Oh, noooooonnnnn!".
Heureusement, tout a une fin... enfin presque...
Il fait nuit, a la gare, les auto-rikshaws nous assaillent (comme d'hab), on en choisit un...
80Rps a deux...on lui dit le nom de l'hotel qu'on a choisit...c'est toujours galere d'arriver en pleine nuit dans une nouvelle ville endormie.
Sur place, hesitation du conducteur, il ne sait finalement pas on l'on va ! Veut-il encore repousse les limites de notre tolerance? On arrete la seule voiture qui passe, son conducteur nous guide a l'hotel. Moment de payer le rickshaw, Fernand lui donne 100Rps.
Pour garder les 20, il commence son cinema :
"Ah, non, c'etait 80 par personne!!"
La, je crois qu'il a depasse les bornes des limites!!
Fernand a la reaction qu'il attendait,il le bouscule et il lui dit :" Prends 100 et casse toi!"
Mais, Severine ne cede pas, elle reclame les 100 roupettes dues..."Non mais oh!!"
Allez, une bonne douche et au lit.
Bodhgaya est un au lieu du pelerinage bouddhiste, c'est ici que celui qu'on appelle le Bouddha a atteint l'illumination sous l'arbre Bodhi (6 siecles avant JC). On associe le nom de Bouddha a un homme (Gautama Siddharta) alors qu'il s'agit d'un etat: l'eveil.
L'arbre d'origine n'existe plus, celui qui est a la meme place aujourd'hui serait une pousse de l'original.
Un immense temple a ete construit a cote de l'arbre.


Le lendemain matin, on quitte l'hotel pour trouver une chambre dans un monastere Tibetain
(endroit paisible, propre et beau)


La ville ressemble a toutes les villes indiennes: crasse, bordel, mendiants, rabatteurs, chevres, vaches, rickshaws, boutiques, sollicitations permanentes sauf qu'ici, c'est le bouddhisme qui est le pretexte au buziness (enfin, dans les rues principales, comme d'hab, des que tu t'eloignes un peu, la vie est plus authentique.)
C'est vrai que c'est un peu etrange, on est en pleine campagne et le fait que le Bouddhisme soit ne ici attire des touristes du monde entier.

Toutes les confessions bouddhistes y ont construit leur temple ( Birmanie, Japon, Tibet, Thailande, Bouthan ...) Ce n'est pas la saison des pelerinages, il n'y a pratiquement que des indiens qui visitant les temples comme des musees et se prennent en photo sur les marches et devant les statues. Pour une fois, c'est eux qui ne comprennent rien.
L'acces au temple est limite par des barriere, aucun interet si l'on ne peut pas s'asseoir et mediter.
Heureusement, Fernand aura de belles discussion avec Bouddha des 5h30 au pied de l'arbre Bodhi!! On fera deux matins de suite de 7h a 9h (bravo a Severine qui se leve!) un cours de yoga bien dynamique avec un prof "que ca rigole pas". C'est la saison creuse, on est les seuls eleves ( on ne peut meme pas se cacher au font de la classe )




On passe 4 jours a Bodhgaya avant de rejoindre Benares a 130km...juste 6 h de train (!) d'un voyage toujours aussi folklorique mais, on vous racontera la prochaine fois.

A bientot Severine et Fernand
PS: Il fait de plus en plus chaud. Ca depasse les 40 degres, on se fait bien nos 3 litres d'eau par jour.

On a ete interwieve pour un reportage de la tele indienne
sur les chaleurs de l'ete

Fernand offre a un Baba un plat achete au resto ou l'on mange

Ils font secher des bouses de vaches pour s'en servir comme combustible

Depuis 1an; des peintres tibetains repeignent la fresque du monastere

Pour les enfants, pas d'argent... des bonbons ou des petits jouets
01 mai 2008
Rishikech...see you Baba
Lundi 28 Avril 2008
On commence a vous ecrire du bordel d’un train indien nous menant a notre prochaine destination...24h30 d’un trajet indescriptible...mais on essaiera de vous raconter la prochaine fois.
On vous avait donc laisse a Haridwar. Le temps d’aller a la station de bus, de prendre le bus pour Rishikech qui part tout de suite (deux places pres du chauffeur, les meilleures pour profiter de ce manege a sensation!) conduite egale a l’annee derniere, c’est a dire sportive et inconsciente !!??



oui, oui, on roule a gauche, la il n'aura pas le temps de se rabattre!
Arrives a Rishikech centre, autorickshaw pour 3km menant au “quartier’ des ashrams divise en deux. Arret au 1er pont sur le Gange, partie la plus calme que nous preferons.



On se prepare a voir “Baba”, un homme d’une soixantaine d’annees avec qui on a sympathise l’annee derniere. On lui avait envoye ses photos, il nous avait repondu et on a mis des mois a lui reecrire et lui envoyer 20 euros car il est malade et a besoin d’argent pour se soigner. On branche la camera pour filmer l’instant et profiter de sa reaction. Il n’est pas a l’endroit habituel. On montre sa photo au vendeur qu’on reconnait
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photos prises l'annee derniere
-“Baba est parti!”
-“Ah oui, ou?”
-“Il est parti en fevrier” dit-il en nous montrant le ciel.
On a du mal a y croire tellement il exprime peu d’emotion. Triste nouvelle.
Un autre nous dira, de maniere aussi neutre que c’est la meme fin pour tout le monde et qu’en Inde apres 40ans, on est vieux.
Ca n’aurait rien change mais on se trouve un peu con d’avoir tant repousse notre reponse.
On retrouve une chambre face au Gange dans l’ashram de l’an passe; Sri Ved Niketan Ashram. La 73, on n’avait la 72 !!! Le vieux maitre de 102 ans est mort lui aussi cet hiver. 



On est bien content de retrouver le calme de ce coin de Rishikech. Pas de voiture, quelques mobylettes arrivent a passer le pont pietonnier. Ici, les mendiants sont, avant tout des Saddhous. Il y en a partout, des plus crasseux et defonces au plus clean et respirant la spiritualite (le Saddhou ou Sannyasin est celui qui a renonce a toute attache materielle et ne vit que de mendicite. Il est aussi le seul a pouvoir fumer ouvertement dans la rue. Il y a toujours une bonne odeur d’herbe qui se degage de leur shilom!!) 



Un nouveau Maitre semble diriger l’ashram et les cours semblent mieux organises. La chambre, d’une proprete indienne coute 250Rps et tous les cours sont gratuits.
6h30 meditation, 8h yoga, 10h30 lecture (en anglais, nous n’irons pas), 17h mantras, 17h30 yoga.
En 5 jours, nous avons participe a plusieurs d’entre eux. Ca donne envie de revenir, une quinzaine de jours nous permettraient d’etre dans un vrai rythme de travail. Il faudrait donc revenir? Severine dit: “Oui, mais il y a bien d’autres pays a visiter!”. Le tibet (il est sans doute trop tard), le Nepal, la Mongolie, le Vietnam sont dans nos esprits en ce moment.
Rishikech est pour nous une pause dans la folie indienne, on observe beucoup plus le travail spirituel hindouiste pratique dans les ashrams: yoga, meditation, pelerinnage des familles indiennes.


Avec ou sans sourire...euh sans dent !


Le bain dans le gange semble etre une des raisons majeures de leur venue et pour les residents de Rishikech est une pratique quotidienne, notamment pour les tres nombreux Saddhous qui dorment dehors sur les gaths (marches qui menent au Gange). On retrouvera ca a Benares. L’occidental sait intellectuellement que le Gange est un fleuve sacre, pour l’indien, ce n’est pas une riviere mais un Dieu feminin.
Comme il fait tres chaud, le bain sacre est presqu’agreable (l’eau est tres froide...les neiges de l’Himalaya ne sont pas loin)


En 1968, les Beatles sont venus a Rishikech suivre l’enseignement du Maharishi Mahesh Yogi au Swarg Ashram pendant un ou deux mois, il y composerent une partie des chansons de l’album blanc. L’ashram est abandonne depuis 1996, il est a 50metres d’ou on loge (on ne l’avait l’annee derniere). Il n’est pas franchement indique et la visite est informelle. On arrive a l’entree.
La grille est fermee, un indien arrive, c’est 50Rps par personne. On ne sait pas vraiment ce qu’il y a a voir. On se regarde, on y va ?
”Bon, alors 50rps pour vous deux” nous dit l’indien. Tout se negocie en Inde. Le 1er prix est rarement le bon, mieux vaut ne pas etre hermetique a la negoce meme si l’omn peut accepter le fait de payer un peu plus que les indiens.
On entre, on monte vers l’ashram, on decouvre un decor assez surrealiste de petites maisons rondes en galet au milieu de la vegetation. 
On entend de la musique? On dirait une chanson des Beatles...pourtant on n’a pas fume. Le soleil tape-t-il un peu trop fort? On continue de monter. C’est bien une chanson des Beatles. On decouvre 6 occidentaux perches sur une des maisons entrain de chanter. Guitare et djembe. 

“Nothing gonna change my world”, une chanson d’Harrison. Fernand reprend en choeur: “Jai guru deva om...” On monte avec eux pour une heure de Beatles. Un danois, un hollandais, 4 israeliens et les 2 petits frenchies qui parlent aussi mal anglais. On communique en chansons. On ne s’est jamais vu, on ne se reverra jamais, pas de prenom ni d’adresse echangee comme souvent en voyage, c’est l’instant qui compte.
Moment magique vu le contexte improbable!

Pour finir, une anecdote rigolote arrivee a Richikech qui se produit tout le temps et plusieurs fois par jour.
On rentrait a pied du pont Laksham jula a Ram Jula, un indien s’approche de nous l’air de rien. Sans plus de bonjour ou de formalite, il dit a Severine :
“C’est ton pere?” (evidemment, ce n’etait pas en francais, mais dans ma grande bonte, je vous ai fait la traduction?!)
“ No, it’s my boyfriend, my old boyfriend” dit-elle avec cet humour qui ne la quitte jamais !!
On a meme appris a dire “marier” en hindi pour qu’ils comprennent vite et nous lachent un peu. “shadishouda”. L’indien n’en revient pas. Il tourne a droite et nous a gauche. “Allez, namaste mon gars!”. On marche a peine 5 mins et qui on retrouve sur le chemin?...notre petit indien qui fait semblant de regarder dans un arbre. Il se remet a cote de nous et sans plus de gene dit a Fernand: “Tu as quel age?” a Severine “Et toi?”
Ils ont vraiment du mal avec notre difference d’age mais c’est un peu normal vu qu’ici tu ne choisis pas ton mari, qu’en plus le divorce est interdit et que les femmes sont dependantes financierement de leur mari.Ca les depasse vraiment!! Quand Fernand dit qu’il a eu un fils avec une autre femme, ils disent: “Mais tu as combien de femmes?” “non mais pas en meme temps!!”.
Une chose sure, je n’echangerais pas ma place avec une indienne dit Severine et Fernand ne deviendra pas hindouiste.
On se retrouve plus tard...
PS:

The famous Puja in Rishikech



Il y en a un des deux qui est entrain de faire pipi?!!
Apres le bain sacre, concours de tee shirt mouille

Le petit dejeuner de Fernand
Une cremation sur le Gange
25 avril 2008
La puja, c'est quoi ?
Jeudi 24 Avril 2008
Haridwar, petit coin tranquille?
Il s'agit en fait de Lourdes indien alors imaginez dans un pays d'un milliard d'habitants,
ca donne 5 ou 6 milles personnes a la Puja quotidienne. Mais avant de vous raconter ca,on va finir Delhi.

On fait les derniers achats pour les 14kg du colis qu'on s'envoie a Paris.
(120 euros d'achat pour 40euros d'envoi du colis!) Oui, on sait, ce n'est pas tres routard
de passer tant de temps a acheter mais le petit marche de l'ete finance le voyage prochain.
Quand on achete en quantite (enfin, je m'entends, on est pas grossiste non plus!!), on se
retrouve vite dans l arriere boutique, comme ici pour les foulards avec GOPI, petit homme de 15 ans
(comme nous disait Nico, un copain qui est venu 2 fois, pour certaines couches sociales, pas
d'adolescence pour les garcons, ils passent d'enfant a adulte...et les filles? on ne les voit jamais...
comme on le disait l'annee derniere, il y a un gros probleme ici avec les femmes)

N oublions pas qu'en Inde, 60 millions d'enfants travaillent 12h par jour..
Tres bon moment passe avec Gopi, on s'est marre (il a bien aime l'humour de Severine, le pauvre!!)...
...photo (qu'on lui enverra) et on lui file 50 Rupees (il gagne 3 000Rps/mois environ 50euros), avant de retourner a la boutique payer son gros patron adipeux et desagreable Fernand lui tend les billets et dit en francais pour se marrer: "Tiens, mon gros, prends ton fric!!"
Une cliente tout pres, accompagnee de son jeune garcon dit :
"Mon fils comprend, il parle francais, on est canadiens!!"
On aura sans doute l'occasion d'en reparler, les separations entre les classes sociales (castes?) sont tres nettes, on ne se fait pas de cadeaux. Quans tu n'es pas bien ne, c'est tant pis pour ta gueule! ...Ya plus qu'a attendre la prochaine vie!
On pourrait aussi vous raconter la rencontre avec un francais de Nantes, tout fraichement arrive.
1er voyage, il commence fort avec l'Inde! Il partait le lendemain pour Calcuta, 32h de train,
3eme classe (la pire). "Je veux etre au contact des indiens" a-t'il dit...il va etre servi!
C'est vrai qu"il y a parfois un petit cote maso dans un voyage en Inde!!
On aurait pu aussi vous parler de cet homme, la cinquantaine, du Bhoutan (petit pays, tres pauvre
et tres ferme pres du Nepal)...c'est monsieur Super Bouddhiste, qui autour d'un chai (the au lait)
nous fait le proces du materialisme et de la religion en citant Bouddha a chaque phrase, tenant
les mains de Fernand avec force et ferveur, tentant quelques larmes pour nous attendrir,
c'est a dire nous soutirer de l'argent. On l'abandonne face a son the, dans ce troquet sous un pretexte
quelconque...comme a tous ces mecs on donne un maximum...de notre amour!!

On aurait pu aussi vous raconter d'autres choses car il s'en passe beaucoup dans une journee:
decouverte au dernier moment de la fondation Ramakrisna a deux pas de notre hotel 
(havre de paix dans ce bordel...on ne pouvait pas pu ouvrir les yeux plus grand!!),
les mendiants souvent estropies,
Lui, il sniffe de la colle
Elle, elle fait des contorsions en se roulant dans la crasse.
defile pour un mariage ( bruyant, evidemment) 
Il a l'air un peu bete sur son cheval !! en plus on sait pas
ou il a mis sa femme...de ce mariage forcement arrange.
les morts sur le trottoir dans l'indifference generale, le metro (paradoxe de proprete)...etc..
On part de Delhi...
Donc, arrivee a Haridwar, apres 8h de train de nuit (1h de retard, normal).
On voyage en 2eme classe car la 1ere est trop climatisee. Comme souvent, on se retrouve
dans un compartiment avec d'autres touristes, on est 6: 2 suedois, une americaine, un new zelandais
et deux petits frenchies (on souffre a nouveau de nos lacunes en anglais. ...
...Severine dit:"petite pensee a Valerie et Nathalie avec qui j'etais au lycee...j'aurais du faire des efforts!!....
...Fernand dit:" N'emmerdez pas vos enfants avec la geo et l'histoire, forcez les a apprendre l'anglais!"
Parking de la gare. Il est 6h30. Les autres touristes partent a Rishikech, a une vingtaine de kilometres, ou nous irons demain.
On cherche une chambre pour la nuit, 1km de marche a pied avec nos sacs a dos,
malgre les sollicitations permanentes des rickshaws (taxi-velo).
On a du mal a accepter cette forme d'esclavagisme (qu'on constate dans plein de petits metiers ici).
La rue principale d'Haridwar descend vers le Gange. Les rikshaws charges de personnes avec leurs
sacs ou de familles entieres obligent leur pauvre conducteur, qui ne peut plus pedaler dans la montee,
a pousser leur charge cm par cm.C'est plus lent que la marche a pied!
On se debrouille pas mal pour trouver une chambre, maintenant...Esquive des rabatteurs, pose des
sacs a dos, visite de quelques chambres et petit rabais... Vue la nuit passee, apres la douche, on s'ecroule 2h.
Donc, Haridwar, c'est Lourdes indien rempli de failles indiennes en pelerinage (pour une fois, presque
autant de femmes que d'hommes). les indiens riches et pauvres melanges, endimanches viennet faire
leurs rituels et se baigner dans le Gange.

Pour l'occasion, beaucoup de gens mais surtout de jeunes enfants,
se font raser la tete. Il y a vraiment beaucoup de monde (mais c'est une banalite en Inde) et tres peu d'occidentaux.
Tous les 2 metres, on est sollicite a sortir nos roupettes, que ce soit par un vendeur, un faux Saddhus, un vrai mendiant, des enfants crasseux (le plus petit avait 2 ou 3 ans!) ou un officiel de la donation qui delivre un papier, lui aussi officiel qui servira de laissez-passer toute la journee car on nous demande sans cesse si l'on a fait la donation. (a priori nos 30Rps etaient en dessous de ce qu'ils attendait de nous) Comme partout dans le monde, nous pouvons constater aue religion n'est pas spiritualite. La religion exploite la foule, la spiritualite eleve l'individu (sic Sri Gourou Fernand Niketan Pena!). La rue principale et les rues Zadjacentes sont, comme a Lourdes pleine de boutiques. Marie et Jesus sont remplaces par Krishna, Shiva, Ganesh, Durga, Kali, Johnni(?!*!) (ben, oui ils vont allumer le feu a la Puja)... Mais au fait, c'est quoi la Puja?...Mais, attends, j'y viendra .(Oui, on avoue, les 40degres commencent a nous chauffer les neuronnes). Revenons a nos boutiques...de babioles religieuses, de bijoux, de petites boites a poudre rouge pour le point sur le front, les jouets "cheaps" pour enfants, des gourdes pour ramener l'eau du Gange.
On a pris un telepherique pour voir tout la haut le Tem-temple ou l'on demande des sou-sous. 
(Nouveaute cette annee: le telepherique a deux = 96Rps. On donne 100, il rend 4 bonbons!
Et oui, 4 Rps= 4 bonbons, on est surpris, on ne dit rien mais a la 2eme et 3eme fois Fernand
remettra les choses en place a sa facon....C'est quans meme bizarre cette histoire (sans doute
un plan pour gratter des roupettes aux touristes...et tant pis pour les serveurs et les mendiants!
La puja c'est ca!!

Le soleil se couche, on se reunit pres du Gange

On pourrait comparer a une messe en plein air et en moins chiant.
Offrande de fleurs, de bougies sur le Gange, chants, encens, feu...
On est maintenant dans le calme de Rishikech, on vous racontera la prochaine fois..
PS:

le thali les momos (raviolis tibetains)
achement bon, einh Nico?

les chapatis dans le four tandoori


le Sri loulou !
21 avril 2008
L Inde..les retrouvailles.
Namaste ,

C est un lieu commun que de dire; l Inde est passionnante et incomprehensible…
alors on a tellement aime l Inde l annee derniere et on a tellement rien compris qu on a decide de revenir.
Ca fait 2 jours qu on est arrive a New Delhi.
On aurait du arriver 2 jours plus tot mais…comment dire…on a eu comme un leger contre temps.
24h avant notre depart, comme d habitude et par souci de securite, Fernand part (en rollers) faire
des photocopies des billets d avion et des passeports. Arrive devant la photocopieuse plus de trace
du passeport de Fernand!!
On fait le tour du quartier, on colle des affichettes partout…on est comme des fous (voire comme des cons!?)
…les heures passent, il faut prendre une decision.
Fernand part a la prefecture refaire un passeport en urgence…
...de toutes facons, on ne partira pas demain, il faut 24h pour faire le visa.
Annulation des billets d avion, achat de nouveaux, demande de visa d urgence…
OUF!! On va partir quand meme (avec perte de pas mal d euros au passage, mais bon…)
Il est 20h15…coup de fil, une « ame genereuse » a retrouve le passeport (sous une voiture)…trop tard!
Donc, jeudi 17h55, un avion de la British Airway nous emmene a Londres…
....Escale de 4 heures.Derniere Guiness pour Fernand.

Avion de la compagnie Virgin (tiens je ne connaissais pas!) pour 8 h de trajet.
Si l avion est le moyen de transport le plus rapide, il est aussi le plus inconfortable!

On a survole l Afghanistan et decouvert la planque de Ben Laden..
Vous le voyez, juste la, en haut a droite??
Comme c est la deuxieme fois en Inde, on a deja nos reperes, c est pas mal de stress en moins.
On change nos euros (1 euro = 62 rupees… plus que l annee derniere), taxi pre paye qui nous
depose a l hotel HARE KRISHNA dans le quartier routard Pahar Gang.
On retrouve Main Bazar road (la petite rue principale) comme on l a laissee avec ses boutiques, ses restos, ses vaches, ses rikshaws (velo tri porteur), ses mobylettes, ses mendiants, son bruit, ses odeurs, (pas toutes agreables), ses klaxons, sa poussiere, ses marchands de charras, ses tuk-tuks…Ah, oui, j oubliais de vous dire : il fait 38 degres!
…sans doute un peu a cause de ca, ajoute a la fatigue et au decalage horaire (meme s il n est que de 3h30), on dort beaucoup.



Achat du billet de train pour la prochaine destination. C est cool, a Delhi, il existe un guichet pour les touristes, qui, malgre les dires de certains indiens rabatteurs, n a pas plus brule qu il n est en reparations!!!
Donc, demain, depart pour Haridwar a seulement 230 Km mais a 6 h de train! (pour moins de 3 euros)
Haridwar, petit coin tranquille pres des sources du Gange….
On se retrouve la bas?
PS: Petite dedicace, Farid aime bien les grosses papayes !! Tiens c est pour toi !!

On fait un petit reperage des boutiques pour le lendemain car on a decide de faire les achats pour notre
petit marche de cet ete des maintenant, le colis qu on s envoit mettant 6 semaines pour arriver en France (s il arrive, biensur!)


11 avril 2008
2008 INDE DU NORD
..... return to Ganesh............
On est rentré l'an passé avec l'impression de n'avoir pas tout compris !!!
On reviendra sans doute avec la même impression..........
Le Nord, Rishikesh, Varanasi, les saddhus, le Gange,
les saris multicolores, la foule, les klaxons, les indiennes, les indiens, les talis nous manquent..........
mardi 15 avril ..............fly direct to Dehli............